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Voisinage
Suisses au garde-à-vous : pas qu’au Vatican

- Petits Suisses
"Armée de Suisse : de plus en plus de réformés". Ça c’est de la nouvelle ! Parce que jusqu’à tomber sur ce dessin de Mix&Remix paru dans l’Hebdo le 19 février 2003, j’ignorais jusqu’à l’existence d’une armée suisse. Donc, une grande nouvelle : l’Eden de la neutralité, l’Eldorado du funambulisme diplomatique, le Beige indélébile des relations internationales abrite, nourrit et blanchit des forces armées. Non pas que "neutralité" doive rimer avec "pays désarmé", mais on ne s’attend pas à lire que la Suisse est le pays du monde qui dépense le plus par tête d’habitant pour sa défense.
Comptant quelques 400 000 soldats, l’Armée de Suisse a pour programme "défense, protection de la population et sports". A l’écart des combats depuis cinq siècles, la Grande Muette helvétique est souvent raillée dans la Confédération. Et de rappeler qu’elle a failli se doter d’armes nucléaires dans les années 60 ou qu’aujourd’hui encore on trouve, entre une centaine de milliers d’armes obsolètes, 2 millions d’épingles de sûreté et suffisamment de barbelés pour faire trois fois le tour de la Suisse dans son stock...
Le pays qui affiche une neutralité permanente depuis le congrès de Vienne de 1815 a pourtant des militaires aux quatre coins du monde. Des 93 militaires dépêchés en Corée en 1953 il reste aujourd’hui 5 officiers à Panmunjong pour "s’assurer que les armées des deux Corées respectent leurs engagements". Des Suisses aussi en Namibie, au Sahara occidental (pour gérer trois "cliniques du désert"), au Tchad, en Bosnie-Herzégovine... Depuis 1990 les soldats de la Confédération participent aux missions d’observation militaire au Proche Orient, en Géorgie, au Congo et en Erythrée / Éthiopie et 200 de ses volontaires sont engagés dans la KFOR. Conclusion de l’Armée de Suisse sur son implication dans les points chauds du globe : "partout les Suisses sont appréciés pour leur fiabilité, leur résistance et leur diplomatie, ce qui en fait des interlocuteurs respectés de toutes les parties." Les Helvètes sont mûrs pour prendre la releve du poste de "gendarme du monde". Ce n’est plus qu’une question de votation.
Marie-Catherine Beuth
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